Mon jeune pense au suicide.

Mieux comprendre le suicide à l’adolescence et reconnaître les signaux d’alarme.

Quand on pense au suicide, il existe encore bien des tabous et des préjugés. Comme parent, on n’y échappe pas et il est possible que cela nous amène à passer à côté de la souffrance de notre jeune.

En fait, un jeune qui pense au suicide ne souhaite pas mourir réellement. Le désir du jeune est plutôt d’arrêter la souffrance qui l’habite. On pourrait dire que c’est davantage un désir d’arrêter d’avoir mal qui est sous-entendu dans les propos ou les intentions du jeune. La mort étant vue comme l’arrêt de la douleur et de la détresse vécue.

Certains parents diront que les jeunes font des menaces que pour attirer l’attention ou faire du chantage. Et, si le message de l’adolescent était qu’il souffre et ne sait pas comment faire autrement pour être entendu, vu ou même aidé? Une souffrance, pour un jeune, peut être vécue avec une grande intensité et une grande détresse. De plus, l’étape de l’adolescence étant en soi un facteur à prendre en considération dans l’évaluation du risque pour le jeune de passer à l’acte, comme parent, on pourrait tenter d’être plus à l’écoute des changements chez notre jeune au cours de cette période. Pour cela, il pourrait être utile de porter une attention plus particulière s’il y a présence de certains signaux pouvant être indicateur d’une grande souffrance pour notre jeune.

Voici des exemples signes précurseurs qui peuvent témoigner la présence d’une détresse suicidaire.

Les messages directs

Ce sont des messages verbaux faisant allusion à la mort : “Je serais mieux mort, cela ne vaut plus la peine, vous ne me verrez plus longtemps, j’ai peur de me suicider”, etc.  On peut aussi y ajouter les menaces de suicide : “Je vais me tuer, je veux mourir”, etc.

Les messages indirects

“Bientôt je vais avoir la paix, je suis inutile, je le trouve courageux de s’être suicidé, je vais faire un long voyage, vous seriez mieux sans moi”, etc.   La préparation pour un départ, la présence d’arrangements finaux ou de lettres d’adieu, les dons d’objets ayant une valeur personnelle importante, la présence des travaux en lien avec la mort, l’attrait soudain pour les armes à feu ou produits toxiques.

Les signes de dépression

La présence d’un trouble du sommeil (insomnie/hypersomnie),  d’un trouble d’alimentation (anorexie/boulimie), le manque d’énergie, la fatigue extrême ou l’agitation extrême à certains moments, l’anxiété accrue, l’incapacité à prendre plaisir à quoi que ce soit, la présence d’émotions telles que la tristesse (pleurs), le découragement, l’indécision, l’irritabilité, la colère, la rage, la dévalorisation, la faible estime de soi.

Les signes d’isolement physique et psychologique

La perte d’intérêt et de plaisir pour des activités, le retrait, la recherche de solitude, la coupure des contacts avec la famille, les amis, le mutisme, le repli sur soi, le refus de communiquer, l’absence d’émotion.

Les changements de comportements

Il peut s’agir de manque d’attention en classe,  de mauvaise concentration, d’absence inhabituelle aux cours, de diminution de rendement scolaire, de non-accomplissement des devoirs et des travaux, d’hyperactivité ou d’extrême lenteur, de désintérêt général, de l’attrait et la préoccupation face au sujet de la mort ou de la réincarnation, du changement dans les apparences, de négligence, de consommation excessive d’alcool ou de drogue et de médicaments.

Malheureusement, le suicide est présent parmi toutes les tranches d’âges, donc chez les adolescents aussi. Il est à noter que les adolescents, étant très impulsifs, peuvent passer à l’acte de façon plus précipitée. À cela, en misant sur la préservation du lien avec son jeune, le parent peut alors ainsi demeurer une source d’aide possible au moment où son adolescent pourrait avoir le plus besoin de soutien.

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