Mon adolescent me ment: quoi faire?

Doit-on fermer les yeux sur le mensonge ou le sanctionner?

Bien que le mensonge chez l’adolescent puisse être normal, bien des parents se questionnent à savoir comment réagir et intervenir pour éviter que le mensonge ne prenne trop de place dans la vie de leur adolescent.

Des mensonges seront moins acceptables aux yeux de certains parents que d’autres.  Par exemple, abîmer la voiture sans le dire peut être pire que cacher la vérité sur son heure de rentrée.

Les mensonges qui touchent à la sécurité de l’adolescent ou qui vont à l’encontre des lois, par exemple la vente de drogue, vont demander aux parents d’établir des conséquences adaptées et en proportion avec la gravité du mensonge.

Le parent peut aborder la question du mensonge avec son adolescent en lui disant que cela arrive à tout le monde de mentir.  Toutefois, il peut lui rappeler que l’honnêteté est une valeur importante pour lui et qu’elle permet de construire une relation de confiance avec son entourage.

Il peut insister sur ses valeurs plutôt que sur le mensonge.
Par contre, il peut lui dire qu’il n’est pas crédule et lui nommer les conséquences qui s’appliqueront s’il recommence.  Par exemple, il peut perdre notre confiance et certains privilèges ou encore s’exposer à une surveillance plus étroite de notre part.

Certains parents choisiront de ne pas trop insister sur la conséquence, mais mentionneront qu’ils sont ouverts à la discussion et que si leur adolescent choisit de leur avouer un mensonge, ils seront plus enclins à en atténuer la conséquence.

Par exemple, on peut lui dire : « Je pense que tu me dis un mensonge.  Je te laisse la chance de me dire la vérité et si tu le fais, la conséquence sera diminuée ».  Ce que l’on veut, c’est que notre adolescent comprenne qu’il y a plus d’avantages positifs reliés au fait de ne pas mentir.

Ainsi, lorsqu’il avoue un mensonge, on l’encourage en le félicitant, car il est vrai qu’il peut parfois être difficile de dire la vérité.  Par contre, s’il est pris à mentir, il est préférable d’appliquer la conséquence.  Si l’on doit le faire, on tente de l’amener le plus possible à réparer ses gestes plutôt que d’appliquer des conséquences dépourvues de sens.  Par exemple,  on lui demande de s’excuser, de remplacer un objet brisé, de rendre service à la personne à qui l’on a causé du tort, etc.

On évite toutefois de tendre un piège à notre adolescent en évitant de le mettre dans une situation où l’on sait qu’il va nous mentir.  Par exemple, si l’on sait qu’il s’est absenté de ses cours parce que son professeur nous a téléphoné, on doit éviter de lui demander comment s’est passée sa journée à l’école.  Ou encore, lorsqu’on est certain qu’il a fait quelque chose de répréhensible, on évite de le pousser à mentir en lui demandant si c’est lui qui a fait ça.  Car, d’instinct, il répondra probablement non.

Également, on évite de le traiter de menteur et de lui apposer une étiquette.  Ce n’est pas parce qu’il ment à l’adolescence qu’il va être un menteur toute sa vie!

Sans se culpabiliser de façon excessive, on peut aussi prendre le temps de se questionner quant à nos réactions comme parents face aux erreurs ou aux mensonges de notre adolescent.  Est-ce que mon attitude peut avoir une influence sur la tendance à mentir de mon adolescent?  Est-ce que je réagis de façon excessive et le punis à l’excès ou je lui laisse un espace pour s’exprimer?  Est-ce que j’ai une attitude accusatrice ou une attitude d’ouverture?  En fonction de nos réactions, l’adolescent pourra être tenté de mentir afin de les éviter.

Le mensonge peut être un comportement normal chez l’adolescent, qui peut lui permettre entre autres de se créer un espace de liberté bien à lui ou de se distancier de son parent, sans que cela soit inquiétant pour autant.  Ceci dit, entre fermer les yeux et punir à l’excès, plusieurs pistes d’intervention s’offrent à nous pour amener notre adolescent à comprendre que mentir n’est pas un comportement souhaitable.

Enfin, il nous arrive tous un jour ou l’autre de mentir.  Par exemple, en complimentant une amie sur sa nouvelle robe pour lui faire plaisir alors qu’elle ne l’avantage pas du tout ou en annulant un souper en invoquant que notre enfant est malade alors que c’est faux.  On oublie bien souvent que notre adolescent nous entend et que nous lui servons de modèle.

 

AUTRES ARTICLES