Les jeunes et les sextos: mieux comprendre

Comment réagir en tant que parent? Quelles sont les lois applicables? Quelques pistes pour guider les parents.

L’adolescence est un moment propice à la découverte de la sexualité et aux débordements affectifs. Plusieurs adolescents ressentent le besoin d’expérimenter et d’exprimer leur sexualité de différentes façons. Envoyer des sextos peut être une des façons qu’ils choisissent de le faire. Toutefois, ceci ne vient pas sans conséquence.

En tant que parent, lorsqu’on découvre que notre jeune communique par sextos, on peut vivre plusieurs émotions passant de la colère à l’inquiétude. Il est légitime d’être préoccupé par cette découverte et plusieurs options s’offrent aux parents désirant réagir. En tant que parent, on peut se questionner sur notre rôle dans ce contexte, surtout lorsque l’information a été découverte par erreur ou en «fouillant» sur le cellulaire de notre jeune. Dans ce genre de contexte, on peut vivre de la honte et se questionner sur la place de la vie privée et intime de notre adolescent. Dans ces cas, il peut être intéressant de s’orienter avec les lois entourant l’utilisation des sextos.

 

Que sont les sextos?

Les sextos consistent en des messages à caractère sexuel envoyés sur le cellulaire ou par les réseaux sociaux. Il peut s’agir de messages écrits ou bien de photos osées. En tant que parent, on peut se questionner sur la légalité de ce comportement, surtout lorsque notre jeune est mineur. Il est important de savoir que certaines lois encadrent ce phénomène pour les mineurs.

 

Du point de vue légal

Quelques mots sur le consentement sexuel

Du point de vue de la légalité, la loi sur le consentement sexuel s’applique aux sextos. C’est-à-dire qu’une personne majeure ne peut pas solliciter sexuellement et avoir une relation sexuelle avec une personne de moins de 16 ans. Il y a des exceptions à cette loi pour accommoder les adolescents en couple. Ainsi, une personne ne peut pas être âgée de plus de 2 ans pour avoir une relation sexuelle avec un jeune de 12 ou 13 ans, et ne peut pas être âgée de plus de 5 ans pour un jeune de 14 ou 15 ans. À partir de 16 ans, il n’y a pas de limite d’âge, mais la personne plus vieille ne doit pas être en position d’autorité sur le jeune (comme un professeur, un entraîneur ou un médecin).

Quelques mots sur la pornographie juvénile (incluant les sextos)

Aussi, selon la loi sur la pornographie juvénile, il est interdit de posséder ou de publier des photos, des écrits ou des vidéos à caractères sexuels d’une personne de moins de 18 ans, et ce, même si c’est le jeune lui-même qui a créé cette publication et qui la possède. Par exemple, deux jeunes de 16 ans pourraient se faire accuser criminellement de posséder ce genre de matériel à caractère sexuel, même s’ils sont en couple et qu’il n’y a qu’eux sur les photos. Pour ce qui est des sextos écrits, certaines nuances peuvent y être accordées si les deux personnes sont dans une relation en accord avec la loi sur le consentement sexuel. Dans ce genre de situation, il n’y aurait pas systématiquement d’accusations portées et cela dépendrait des risques et du contexte. Toutefois, cela reste une pratique pouvant mener à différentes conséquences.

 

Comment réagir?

Ces informations peuvent être utiles lors d’une conversation avec notre adolescent et pour s’assurer de sa sécurité. En tant que parent, nous pouvons, toutefois rester avec quelques craintes. Pour bien protéger notre adolescent et réduire les risques, il est possible d’avoir une discussion avec lui sur les conséquences des sextos et de s’informer sur le contexte qui entoure cette pratique. Nous pouvons sensibiliser notre jeune au fait que tout matériel numérique et virtuel peut vite devenir hors de contrôle et se retrouver là où nous ne le voudrions pas. Par exemple, une photo envoyée sur un cellulaire peut être partagée sur les réseaux sociaux et être publiée sur Internet très rapidement, sans qu’on le sache.

Certains parents décident d’encadrer de plus près l’utilisation des appareils électroniques (ordinateur, cellulaire, tablette, etc.) en restreignant les heures d’utilisation, en demandant de remettre tout appareil électronique à l’heure du coucher ou en exigeant les mots de passe par exemple. Ces moyens sont possibles selon l’âge et le développement psychologique de notre jeune.

En tant que parent, il peut être légitime d’informer son enfant des conséquences et de l’aspect légal des sextos, de lui exposer nos craintes et d’encadrer l’utilisation des nouvelles technologies selon sa maturité et son développement personnel.

 

Source :

Loi sur l’âge de consentement sexuel : https://www.educaloi.qc.ca/capsules/lage-du-consentement-sexuel
Loi sur la pornographie juvénile : http://www.educaloi.qc.ca/capsules/la-pornographie-juvenile

 

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